Depuis les falaises du cap Fréhel jusqu'à la promenade des Anglais à Nice, le drone offre le regard d’oiseau et une très grande liberté de captation à moindre frais (quand on compare avec le tarif d’une heure de vol en hélicoptère).
Mais ce regard et ces images se méritent : 35% de la mission se joue avant le décollage.
Depuis le 1er janvier 2026, les scénarios européens standards se substituent aux scénarios nationaux au profit des STS-01 et STS-02. Le CATT, ancien certificat Français d'aptitude théorique de télépilote, est devenu obsolète au profit du certificat européen CATS, plus exigeant. Titulaire du CATS, je mesure ce que ce cadre demande : un matériel adapté et une rigueur sans faille, surtout en ville.
Prenons la rade de Lorient. C’est une agglomération et c'est aussi une zone militaire (celle de la base d'entraînement des commandos Marine). Elle relève de la CCMAR (zone réglementée par la Marine Nationale de Bréhat à Biarritz) et ici, on ne décolle pas sur un coup de tête : les contraintes du vol se discutent en amont avec la base de Lann Bihoué et la préfecture du Morbihan. À Groix, la réserve naturelle accueille des colonies d'oiseaux marins protégés et il est prévu d'y interdire le survol par drone à moins de 300 mètres. Là encore, on prépare le vol avec le gestionnaire, loin de la période de nidification.
Ma préparation tient en quatre points :
1.La carte : zones aériennes réglementées (agglomération, aéroport, espace naturel) , interdictions de captation, arrêtés préfectoraux.
2.L’administratif : enregistrement de l'exploitant, assurance professionnelle, accord du propriétaire ou de la mairie, information des riverains.
3. Le repérage : un village vacances n'est pas un chantier naval : on y croise des familles, il faut baliser et protéger les tiers
4.La météo : en Bretagne, le vent change d'avis plus vite que la marée, et l'on garde l'appareil au sol quand le ciel l'exige.
Puis vient la partie opérationnelle sur le terrain : le vol en 7 étapes
1. Repérer le site, les obstacles, le public et le vent.
2. Baliser un périmètre et prévenir clients, riverains et autorités concernées.
3. Vérifier météo, restrictions, hélices, batteries et GPS.
4. Décoller à la verticale, appareil toujours en vue.
5. Voler sous 120 m, sans survoler personne, en surveillant la batterie et le vent.
6. Réaliser les captations vidéos ou photos
7. Atterrir, sauvegarder les fichiers et traiter les images
